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Chauffeur auto-entrepreneur

Un métier se développe et fait beaucoup parler de lui, en raison de la concurrence qu’il impose aux taxis : celui de VTC (voitures de tourisme avec chauffeur), pour décrire des chauffeurs privés qui utilisent leur propre véhicule pour proposer leurs services à des particuliers ou à des entreprises.

Définition de la VTC

Il ne s’agit pas ici de définir le métier de la vente, ou encore de traiter du conflit entre la société spécialisée Uber et les sociétés de taxis, mais de relever les éléments comptables qui découlent de la VTC.

Lorsque l’on devient chauffeur, et que l’on vend un service de transport, les charges suivantes découlent directement de cette activité :
- l’achat du véhicule de transport, plutôt haut de gamme et en bon état, ou le loyer pour la location de ce véhicule,
- une charge d’assurance professionnelle,
- des frais d’essence, indirectement proportionnels au nombre de clients,
- une tenue vestimentaire adaptée.

Toutes ces charges directes sont fixes, hormis les frais d’essence, c’est à dire qu’elles seront à payer même en l’absence de clients. En effet, ce n’est pas parce que l’activité fonctionne difficilement que le loyer du véhicule sera revu à la baisse, ou que le coût annuel de l’assurance pourra être renégocié.

Ces charges fixes, souvent importantes, imposent donc un chiffre d’affaires minimum pour que l’activité devienne rentable. Ce chiffre d’affaires minimum est ce que l’on appelle le chiffre d’affaires critique, ou encore le seuil de rentabilité.

Comment devenir chauffeur VTC ?

Les conditions pour pouvoir devenir chauffeur VTC se sont durcies en 2015, et le chauffeur doit aujourd’hui :

  • être titulaire depuis au moins 3 ans de son permis B,
  • un casier judiciaire vierge de délits particuliers (notamment liés au code de la route),
  • demander à sa préfecture une carte professionnelle, qui exige :
    • Un court stage de Prévention et Secours civiques, dont le coût est inférieur à 100 euros.
    • Une formation de 250h au minimum, proposée par de nombreux organismes, pour un coût cette fois très significatif.

Le choix du véhicule n’est pas libre non plus, puisque le chauffeur VTC doit disposer d’un véhicule assez haut de gamme, catégorie qui est imposée par une puissance minimum (120cv), une longueur minimum (4,5m), un âge (moins de 6 ans)...

Auto-entrepreneur et charges importantes

Interdire le statut d’auto-entrepreneur aux chauffeurs privés serait une solution, selon certains opposants, pour supprimer la concurrence qu’ils exercent sur les taxis.

Certes, le statut d’auto-entrepreneur est intéressant, surtout lorsque l’on bénéficie de l’ACCRE, aide qui permet de réduire son taux de cotisations durant les trois premières années de son entreprise (avec un taux progressif de cotisations toutefois durant cette période, pour plus de détails consulter notre article complet).

Mais ensuite, l’auto-entrepreneur paie des cotisations pour un montant égal à environ un quart de son chiffre d’affaires.

Or dans la VTC, 250 euros de charges sociales pour 1000 euros de ventes n’est pas forcément peu, car à ces cotisations s’ajoutent toutes les dépenses précédemment listées. Au final, quel sera le total des charges réelles de l’auto-entrepreneur ? La moitié de son chiffre d’affaires ? Davantage ?

En entreprise individuelle, des cotisations fixes par rapport au résultat

On l’a compris, un auto-entrepreneur n’est jamais certain de son résultat car ses cotisations dépendent de son chiffre d’affaires, et non de son résultat réel. Aussi, si son chiffre d’affaires lui permet tout juste de payer toutes ses dépenses réelles, alors il continuera cependant de payer des cotisations, puisque c’est son résultat qui sera nul, pas son chiffre d’affaires.

A l’inverse, un entrepreneur individuel paie des cotisations sur son résultat. Si celui-ci est bon, il paiera plus de cotisations que l’auto-entrepreneur peut-être, mais si ce résultat est faible ses cotisations le seront aussi.

En conséquence, le régime réel de l’entreprise individuelle est une sécurité qui permet de tenir compte de la vraie performance de l’activité, de sa rentabilité réelle. Lorsque l’on a des charges réelles élevées, cette sécurité est souvent préférable et plus avantageuse financièrement.

D’une façon générale, un entrepreneur individuel reverse un tiers de son résultat aux caisses de cotisations sociales. C’est un taux supérieur à celui de l’auto-entrepreneur, mais qui s’applique au résultat cette fois, et pas au total des ventes. Or entre chiffre d’affaires et résultat, la différence n’est pas mince lorsqu’il faut acquitter pour exercer son métier des charges élevées.




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